La courbe de Friggit est un indicateur de suivi du marché immobilier français. Elle met en regard le prix des logements et le revenu disponible des ménages afin d'évaluer l'effort nécessaire pour acheter un bien. En 2026, son dernier relevé disponible porte sur le premier trimestre : l'indice France atteint 1,55, contre 1,58 en Île-de-France, 1,53 en province et 2,02 à Paris.
En rapportant les prix aux revenus, cet outil dépasse la simple observation des prix affichés. L'accessibilité d'un logement dépend aussi de l'évolution des revenus. La courbe cherche ainsi à mesurer la place du logement dans les capacités financières des ménages sur une longue période.
Comment la courbe de Friggit rapporte les prix aux revenus
La courbe repose sur un indice correspondant au prix des logements rapporté au revenu disponible par ménage. L'année 2000 sert de base 1. Les données remontent jusqu'en 1965, ce qui permet de comparer les différentes phases du marché immobilier sur plusieurs décennies.
Lorsque les prix progressent plus rapidement que les revenus, l'indice augmente et l'achat immobilier représente un effort plus important pour les ménages. À l'inverse, le rapport recule lorsque les prix diminuent, que les revenus progressent ou que ces deux phénomènes se combinent.
L'indicateur ne se limite donc pas à la valeur nominale des logements. En replaçant cette valeur dans le contexte du pouvoir d'achat immobilier, la comparaison avec les revenus donne une indication sur la capacité financière nécessaire pour acquérir un logement.
Le tunnel de Friggit : un repère historique, pas un seuil officiel
La courbe est souvent associée à la notion de " tunnel de Friggit ". Cette expression désigne une zone dans laquelle le rapport entre les prix immobiliers et les revenus des ménages s'est fréquemment situé sur une longue période.
Le tunnel constitue un repère visuel. Il ne correspond ni à une règle juridique, ni à un objectif officiel, ni à un niveau de prix applicable uniformément à tous les territoires. Il sert à observer les écarts entre la situation courante et les niveaux historiques du rapport prix-revenus.
Un éloignement de cette zone peut traduire une progression rapide des prix, une évolution moins dynamique des revenus ou la combinaison de ces deux mouvements. Le graphique rend alors visible une déformation de l'effort immobilier par rapport aux repères observés dans le passé. Il permet ainsi d'analyser les cycles immobiliers en reliant les variations de prix aux ressources des ménages.
Les niveaux de la courbe de Friggit au premier trimestre 2026
Les valeurs du premier trimestre 2026 montrent des différences entre les marchés immobiliers. Paris affiche un rapport prix-revenus supérieur à celui de la France, de l'Île-de-France et de la province. La mesure nationale rassemble des situations locales différentes et ne correspond donc pas à une valeur identique pour chaque territoire.
| Territoire ou catégorie | Indice au premier trimestre 2026 |
| France | 1,55 |
| Île-de-France | 1,58 |
| Province | 1,53 |
| Paris | 2,02 |
| Maisons en Île-de-France hors Paris | 1,26 |
Les maisons en Île-de-France hors Paris affichent un indice de 1,26, distinct de celui de l'ensemble de l'Île-de-France et de Paris. La localisation, le type de logement et la structure du marché influencent la position de chaque courbe territoriale. La comparaison entre la France, la province, l'Île-de-France et Paris met en évidence cette dispersion.
Un rapport prix-revenus en recul depuis les sommets de 2021 et 2022
Les niveaux observés en 2026 sont inférieurs aux sommets atteints autour de 2021 et 2022. Sur le graphique, la courbe France culmine autour de 1,80 et celle de Paris autour de 2,75. La comparaison fait apparaître une diminution du rapport entre le prix des logements et le revenu des ménages.
Depuis son sommet, le logement français a perdu autour de 14 % en années de revenu. Paris a perdu plus de 25 %. Ces pourcentages décrivent l'évolution du rapport utilisé par la courbe et ne correspondent pas nécessairement à une baisse identique du prix de chaque logement, puisque l'indicateur combine l'évolution des prix immobiliers et celle des revenus disponibles par ménage.
La lecture d'un point précis sur le graphique est moins fine que celle d'un tableau chiffré. Les niveaux de sommet présentés autour de 1,80 pour la France et autour de 2,75 pour Paris sont des ordres de grandeur visibles sur la représentation graphique. Ils servent à situer l'ampleur du recul depuis les niveaux les plus élevés.

Ce que la courbe de Friggit mesure — et ce qu'elle ne mesure pas
La courbe mesure un rapport, et non le prix d'un bien particulier. Elle ne renseigne pas directement sur la valeur d'un appartement, d'une maison ou d'un terrain dans une commune déterminée. Elle ne permet pas non plus de déduire automatiquement le prix auquel une transaction pourrait être conclue.
Son intérêt réside dans la mise en perspective : une évolution des prix immobiliers peut être plus ou moins soutenable pour les ménages selon la progression de leurs revenus. Le rapport prix-revenus apporte ainsi une indication sur l'effort financier relatif associé à l'achat.
L'indice ne résume pas toutes les conditions d'un projet immobilier. Les conditions de financement, la durée des crédits, l'apport personnel, la fiscalité, les charges liées au logement et les caractéristiques du bien peuvent modifier la situation d'un acquéreur. La courbe reste un outil de lecture globale du marché. La base 1 en 2000 fournit un repère commun et la profondeur historique jusqu'en 1965 permet d'observer les écarts et les rapprochements sur une durée étendue.
Un relevé publié avec un décalage dans le temps
La courbe de Friggit n'est pas disponible en temps réel et sa publication intervient avec retard. Au cours de l'été 2026, le relevé disponible porte sur le premier trimestre 2026. La mise à jour suivante est annoncée pour septembre.
Ce décalage doit être pris en compte dans l'analyse : une courbe publiée au troisième trimestre ne reflète pas nécessairement les mouvements intervenus pendant les mois les plus récents. Des évolutions du marché peuvent donc être engagées avant leur apparition dans le dernier point disponible.
Ce retard n'enlève pas son intérêt à l'indicateur, mais conduit à distinguer l'état mesuré par le dernier relevé de la situation du marché au moment de la consultation. La courbe sert principalement à comprendre une tendance et à comparer des niveaux, plutôt qu'à fournir une photographie instantanée. Pour suivre l'évolution en 2026, la période de référence associée à chaque point est donc importante : le premier trimestre constitue le dernier niveau disponible dans le relevé présenté, tandis que la mise à jour annoncée pour septembre doit apporter un point plus récent.
Comment interpréter l'indice de Friggit en 2026
Avec un indice de 1,55, la France se situe en dessous du sommet observé autour de 1,80 en 2021 et 2022. À Paris, l'indice de 2,02 se situe lui aussi sous un sommet graphique autour de 2,75. Le marché a donc quitté les niveaux les plus élevés atteints au début des années 2020, sans que les territoires évoluent de manière identique.
Paris conserve un rapport supérieur à celui de la France, de la province et de l'Île-de-France. Les maisons en Île-de-France hors Paris se situent à 1,26, un niveau distinct de celui de la capitale. La courbe ne permet pas, à elle seule, de déterminer si une période est favorable ou défavorable à chaque acheteur : elle apporte un repère sur le rapport entre les prix et les revenus. L'analyse d'un projet dépend aussi de la situation personnelle, du secteur géographique et des conditions concrètes de financement.
Un indicateur à compléter par une analyse locale
La courbe de Friggit s'utilise comme un outil de contextualisation. Elle éclaire la relation entre le marché immobilier et les revenus des ménages, mais ne remplace pas une analyse locale. Les écarts entre Paris, l'Île-de-France, la province et les différents types de logements soulignent l'importance de la dimension territoriale.
Elle ne fournit pas non plus de prévision automatique. Un niveau élevé ou faible ne suffit pas à annoncer une hausse, une baisse ou une stabilisation future. La trajectoire dépend de l'évolution des prix, des revenus et des autres conditions qui influencent le marché.
En 2026, les données disponibles montrent une situation située sous les sommets de 2021 et 2022. Le recul est plus marqué à Paris que dans l'ensemble de la France, tandis que les maisons franciliennes hors Paris affichent un indice de 1,26. Ces différences appellent une lecture par zone et par catégorie de logement.
La principale utilité de la courbe consiste à replacer les prix dans la durée. Elle permet d'observer si l'effort mesuré par le rapport prix-revenus s'éloigne ou se rapproche des niveaux historiques, sans réduire le marché immobilier à un chiffre unique.
Conclusion : un repère historique sur l'effort d'achat immobilier
En 2026, la courbe de Friggit constitue un repère pour mesurer le rapport entre les prix des logements et les revenus des ménages. Le dernier relevé disponible, établi pour le premier trimestre, montre un indice de 1,55 en France, avec des écarts importants entre les territoires et les catégories de logements.
La situation se distingue des sommets observés autour de 2021 et 2022. Le rapport prix-revenus a reculé depuis cette période, mais la courbe conserve des niveaux différents selon les marchés. Son interprétation tient compte de la date du relevé, du territoire étudié et des caractéristiques du logement.
La courbe de Friggit n'apporte pas de réponse automatique à chaque projet immobilier. Elle fournit plutôt une grille de lecture historique pour comprendre l'évolution de l'effort d'achat et comparer les grandes tendances du marché.
À retenir
- La courbe compare les prix des logements au revenu disponible des ménages ; sa base est fixée à 1 en 2000 et les données remontent jusqu'en 1965.
- Au premier trimestre 2026, l'indice atteint 1,55 en France et 2,02 à Paris, avec des écarts selon les territoires et les types de logements.
- Les niveaux sont en retrait par rapport aux sommets autour de 2021 et 2022, mais la courbe ne mesure pas le prix d'un bien précis et ne constitue pas une prévision.
- Le dernier relevé est publié avec un décalage : sa période de référence doit être distinguée de la situation au moment de la consultation.
Sources
[1] Esprit-riche.com, " Courbe de Friggit 2026 : acheter coûte vraiment moins cher ", mise à jour du 15 octobre 2026. https://esprit-riche.com/courbe-de-friggit-2026/
[2] Scribd, " Friggit 2026 ", document mis en ligne le 12 octobre 2026. https://www.scribd.com/document/1050937250/friggit-2026
Conseil
Dans une analyse patrimoniale, la courbe de Friggit peut contribuer à replacer les prix immobiliers dans leur contexte historique. Son interprétation gagne à être complétée par l'étude du marché local, des caractéristiques du logement et des conditions de financement du projet.







